Postes de jours, mine de charbon, Isère (2025)
Description du poste
Mise à jour 2025 de la fiche de 2016
Opérateur atelier mécanique jour
L’opérateur assurait la maintenance de l’ensemble des ateliers du jour : lavoir, versage, chaufferies, compresseurs, puits, garage, douches, parcs à matériel, four sécheur… ainsi que la confection ou la réparation de matériel pour le fond quand le planning le permettait. Le personnel était au mieux protégé avec casques, lunettes et gants.
On trouvait l’amiante sous forme de plaque pour isoler, calorifuger ou protéger le matériel pendant la découpe au chalumeau ou la soudure, sous forme de tresse (garniture de pompe), de joint de tuyauterie, de calorifuge, de flocage de conduite « Éternit », de freinage de bandes transporteuses, …
Ce matériau était manipulé, découpé ou tronçonné sans précautions particulières.
L’opérateur était également en contact avec :
✖ Les gaz d’échappement quand il intervenait dans une zone de circulation d’engins ou au cours de réparations sur les tracto-chargeurs du fond.
✖ Les fumées et les projections diverses de soudure, de découpe, de meulage ou de tronçonnage. (Peu ou pas d’aspiration en atelier et pas de possibilité d’aspiration en dépannage).
✖ Des huiles de coupe sur les machines-outils. (tours, fraiseuses, scies, perceuses…)
✖ Des huiles contenant des PCB (réducteurs, huile de freinage)
✖ Les huiles hydrauliques (vérins, circuits hydraulique, …)
✖ Tous les lubrifiants, les décapants (trichloréthylène, « baltane »,…) et dégrippants (transit WG 716) utilisés en maintenance.
✖ Des colles (collage de bandes transporteuses TIP TOP, de joints, …),
✖ Des produits chimiques, type white spirit ou autres dérivés du pétrole, du fuel et des métaux lourds (flottation dans le lavoir floculant et magnétite),
✖ Des peintures (antirouille au plomb rouge puis gris), …
✖ Des particules de caoutchouc (intervention sur bandes transporteuses amiantées).
✖ Des graisses spéciales contenant du graphite et de l’aluminium (bois de guidage des cages des puits) et la fusion d’alliages spéciaux pour la « coupe de câble » des puits.
✖ Des vapeurs et des particules de tous ces produits inhalés lors des interventions de dépannage ou de remise en état avec découpe au chalumeau, à la disqueuse et soudure (arc et brasures et baguettes à chanfreiner).
✖ Des poussières de charbon et de rocher (intervention au lavoir et au versage)
✖ Des poussières de cendre, de ramonage, de mâchefers,
✖ Des émanations de gaz des chaudières
Ce personnel était amené à manipuler fréquemment des charges lourdes, il travaillait souvent en position à genoux ou semi-courbée.
Personnel de l’atelier mécanique détaché au service VRC ou puits : ce service avait pour fonction le déchargement et le stockage des produits commandés par l’entreprise sur le carreau et ensuite d’effectuer le transfert de ceux-ci pour les expédier par chariot au fond de la mine.
C’est à ce titre qu’ils étaient amenés à manipuler tous les produits qui descendaient au fond et notamment les traverses de voies ferrées traitées préalablement à la créosote avant l’arrivée sur le carreau. Les manipulations se faisaient sans protection particulière
Lavoir-versage-préparation
Le personnel qui travaillait dans ce secteur était affecté à l’exploitation, à la conduite et à la surveillance des installations.
C’était un secteur très empoussiéré et bruyant, plus de 100 dB en permanence à l’intérieur du service.
Les produits du fond (charbon, rocher…) étaient lavés et triés et préparés à la commercialisation (par qualité et par calibre).
C’est un secteur où il y avait du très gros matériel (pont roulant, bandes transporteuses, cribles, lavoir, concasseur, trémie, réducteurs, très gros moteurs)
Le triage des produits se faisait par un système dit de « flottation » : les produits du fond, une fois concassés, étaient mis dans des cuves immenses dans un bain avec des produits liquides (floculant-magnétites) qui avaient la propriété de faire flotter par niveau de qualité (teneur en carbone) le charbon extrait du fond.
La toiture du bâtiment était en fibrociment avec du flocage en dessous. Lors du démantèlement, c’est une entreprise spécialisée qui a détruit le bâtiment.
L’amiante était présente car les conduites d’air et d’eau étaient calorifugées, et par la corrosivité des produits utilisés et des conditions de travail le calorifugeage devait être refait fréquemment. Les portes de ce service étaient calorifugées à l’amiante et les cordons d’amiante servaient de joints de portes.
Les opérateurs utilisaient les chalumeaux et le poste à souder (arc et brasure) lors des entretiens, les plaques d’amiante étaient disposées tout autour du lieu de travail pour éviter la propagation du feu aux produits du fond.
Des membres de l’atelier électrique et mécanique étaient en permanence présents dans ce service pour effectuer les entretiens et travaux ; lors de grosses pannes, le personnel du lavoir les aidait dans ces travaux.
Ils utilisaient de la graisse cuite (visparil) pour le graissage des paliers des convoyeurs à bandes. Ils effectuaient les pleins et niveaux d’huiles des moteurs et réducteurs ; l’huile utilisée était de la XP 90 ou SPARTA 220. Les autres produits utilisés étaient le «transil» pour dégripper le «baltane», le trichloréthylène pour dégraisser et décaper, de l’antirouille à base de plomb (rouge puis gris).
C’est le personnel de ce service qui était amené à effectuer l’entretien et la pose des voies de chemins de fer dans les services de surface, de ce fait il manipulait les traverses de chemin de fer, les changeait, les coupait, les perçait. Les traverses étaient traitées à la créosote avant d’arriver sur le site de La Mure
Le personnel de ce service travaillait en permanence dans des positions difficiles, à genoux ou semi-courbées, le port de charges lourdes était très fréquent.
Les mineurs ne disposaient pas de protection particulière pour ces opérations, masque en papier pour le visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé. Bleu de travail. Gants. Casque. Chaussures de sécurité
Région
Type de mine
Risques
Suivi médical
Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.
1. Base commune d’examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel amiante (silice et charbon) :
✖ Une consultation médicale
✖ Et un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisé tous les trois ans dans les conditions
prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.
✖ Au moins une fois EFR avec diffusion du CO pour référence (amiante +silice évaluation de l’existence
d’une pneumoconiose)
2. HAP particules fines de diesel et amines aromatiques (benzopyrènes, particules fines de diesel et gaz d’échappement des moteurs thermiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.
3. Huiles minérales et graisses notamment usagées :
Contact cutané
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP)
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.
4. Solvants dérivés du pétrole, dont solvants chlorés.
Hémogramme tous les deux ans
Autres expositions nécessitant une surveillance selon les postes
- Fumées et particules métalliques et de soudage dont chrome VI, nickel, cadmium (opérateur atelier
mécanique, opérateur fours sécheurs farine, opérateur chaudières, garage jour)
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : examen radiologique pulmonaire tous les deux ans si pas de suivi par TDM thoracique. - Nickel et Cadmium
✖ Un examen médical par un médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : un examen radiologique pulmonaire et des sinus de la face, complété éventuellement par 5 ou 6 coupes frontales d’un scanner des sinus tous les deux ans. - Trichloréthylène (opérateur atelier mécanique, lavoir versage préparation)
✖ Échographie abdominale de l’étage sus-mésocolique tous les deux ans
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, je conseille que ces examens soient réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les examens de dépistage.
Notamment, il lui appartiendra d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (particules fines de diesel, silice par exemple).