Poste de travail, centrale thermique, Lorraine

Description du poste

DATE D’ÉLABORATION : 07/2023

L’identification des expositions a été établie à partir de mes observations personnelles dans les établissements ayant relevé de mes compétences, mais également, notamment, à partir des fiches de poste collectives des médecins du travail EDF-GDF pensées à partir de la matrice emplois-expositions MATEX et des travaux de groupes de travail des médecins du travail EDF-GDF ayant élaboré des fiches de poste repères. La matrice emplois-expositions EDF-GDF MATEX a été une création commune des médecins du travail EDF-GDF et de la division épidémiologie du SGMT EDF-GDF, développée dans un projet plus vaste (EXPRO) présenté dès 1990 aux directions et à la représentation du personnel. Sa validation scientifique formelle date de 1997 (méthodes directe et indirecte). Elle a donné lieu à de nombreuses publications scientifiques, y compris internationales, par des spécialistes et des médecins travaillant pour EDF-GDF et communiquant ès qualités.

J’en ai déduit les examens complémentaires rendus nécessaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995. Ce poste exposait aux cancérogènes suivants :

Amiante :
L’ensemble des postes occupés en centrale thermique à flamme exposait à l’inhalation de poussières d’amiante.

Du fait du caractère d’industrie à feu et d’importance du confinement de la chaleur pour optimiser la production d’énergie, une centrale thermique utilise des matériaux résistants aux hautes températures (calorifuge, joints, tresses, bourre, plaques) et, à l’époque, constitués quasi exclusivement d’amiante (plusieurs centaines de tonnes).

Les niveaux d’ambiance étaient élevés, notamment lors d’opérations d’entretien. Par exemple, des prélèvements d’ambiance analysés en MOCP dans la salle des machines de la centrale de Vitry, alors que la révision d’une turbine est en cours, après capotage (prélèvement et analyse du BRGM le 7 septembre 1980) s’échelonnent de 10 à 510 fibres par litre.

Le poste d’agent de maintenance consistait à entretenir et à réparer les organes de l’installation. Notamment, l’accès à ces matériels impliquait leur décalorifugeage (calorifuge à l’époque constitué le plus souvent d’amiante), entraînant une exposition très importante directement liée à l’activité. Certains de ces matériels comportaient des matériaux à base d’amiante.

L’utilisation ou l’intervention sur des joints nécessitaient découpe et ajustage. L’entretien des organes de
friction en amiante, notamment lors de l’entretien des bouteurs, des ponts roulants et des roues-pelles
constituait d’autres causes d’exposition. Par exemple, les coussinets d’arbre des pompes (PCA) Tyler étaient
en amiante comme les patins de butée.

Les agents de maintenance étaient également soumis à ce risque durant la confection de presse-étoupes de vannes lors de leur remise en état après intervention pour rodage des clapets, sièges de vannes et robinets. La manipulation d’amiante en tresse effectuée lors de ces opérations par les agents de maintenance exposait à des niveaux encore plus importants (Laboratoire national d’essai, analyse en MOCP à la centrale de Vitry, le 19 avril 1978, lors de la manipulation d’amiante en tresse : niveau maximum : 20 000 fibres par litre (soit 2 000 fois la VLEP actuelle), niveau moyen sur 40 minutes : 320 fibres par litre).

À cela, il faut ajouter le travail en atelier qui impliquait la mise en oeuvre, directement pour les agents de maintenance, des produits à base d’amiante.

La découpe des joints exposait à des niveaux très élevés. Jusqu’au milieu des années 1980, cette opération s’effectuait sans protection ni aspiration (mesure du Laboratoire national d’essai, en MOCP, à la centrale de Vitry, le 20 avril 1978, lors de la découpe d’un joint en amiante à l’atelier : jusqu’à 400 fibres par litre). Ces expositions à l’amiante sont identifiées, pour le poste occupé, comme de niveau très élevé (à partir de 1981 jusqu’en 1993, de 500 à 1 000 fibres par litre en moyenne par semaine de 40 heures).

Suivi médical

Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.

Amiante :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les cinq ans pour les personnes relevant de la catégorie des expositions fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.
Hors protocole ou avec l’accord du médecin-conseil de la caisse :
✖ Au moins une fois, EFR avec diffusion du CO pour référence.

HAP et PCB :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (amines aromatiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un Examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Huiles électriques et minérales :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
Contact cutané :
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.

Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Solvants chlorés :
De natures diverses selon les périodes, leur pouvoir dégraissant était utilisé pour le nettoyage des pièces électriques. Ils étaient employés en espace confiné fréquemment et sans protection respiratoire, la protection cutanée se limitant aux gants de travail en cuir.

Benzène :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : numération, formule sanguine, numération des plaquettes tous les deux ans.

Chrome VI et poussières métalliques :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : Examen radiologique pulmonaire tous les deux ans.
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, ces Examens seront réalisés et complétés d’un Examen clinique spécialisé régulier dans une structure hospitalière compétente en pathologie professionnelle.

Notamment, la polyexposition devrait notablement renforcer la surveillance dans ce cadre

Type d'environnement
Type de produit