Mineur de fond, piqueur en taille, Cévennes

Description du poste

DATE D’ÉLABORATION : 21/11/2018

Le piqueur en taille effectuait l’abattage du charbon à la tâche dit au métrage. Particularité : taille de 100 m ou 30 m ou plus.

Abattage dans la couche de charbon, d’une hauteur de 2,50 m, sur une largeur de 1,25 m, sur une longueur de 3 m, 4 m ou 5 m par jour.

Le mineur abattait le charbon avec son marteau-piqueur pneumatique, fonctionnant à l’air comprimé de marque Lacroix, pesant 7,5 kg, lubrifié à plusieurs reprises dans la journée avec de l’huile qui générait de la vapeur bleue. Des graisses et des dégrippants étaient également utilisés très fréquemment.

Les joints de l’ensemble des machines mécaniques et des conduits d’eau étaient en amiante, on devait régulièrement les changer et les adapter au couteau ou à la lime.

Conséquences liées à son utilisation : inhalations, bruits, poussières, vibrations, vapeurs d’huile…

Dans les tailles, les piqueurs étaient alignés sur la longueur de la taille, au beau milieu d’un nuage de poussière, de celles générées par leur marteau, mais également par celui des autres.

Si la couche était basse, il fallait s’attaquer aux nerfs des rochers, en conséquence de la silice en plus de la poussière du charbon.

Le piqueur abattait et déblayait le charbon en hauteur et l’évacuait à l’aide d’un « rasclet » vers le Panzer situé le long de la taille. Ce dernier fonctionnait au fuel et transportait tout le charbon abattu par l’équipe de piqueurs.

Une fois l’entrée de son chantier en hauteur, le piqueur avançait le « kastin » de 2,50 m de long pour 50 à 60 kg. Il le mettait en place sur l’étançon du soutien avant d’y poser les planches pour soutenir le toit de la couche. Cette opération était renouvelée systématiquement après chaque avancement et après abattage et déblayage.

Selon les raccords avec le chantier voisin, quatre à cinq fois pendant la durée du poste de travail, il mettait en place un étançon qu’il soulevait sur le « kastin » derrière le Panzer avant de le serrer avec une pompe à huile et de taper à la masse les clavettes. Cette opération était également répétée quatre ou cinq fois derrière le Panzer. Il abattait ensuite le charbon du bas sur 0,50 à 1 m et le chargeait à la pelle sur le véhicule.

Il procédait alors au boisage de devant en récupérant l’étançon du milieu qu’il déplaçait en poids sur au moins 1,25 m (il pesait de 70 à 90 kg, et si hydraulique de 110 à 120 kg).

En conséquence, ce personnel était amené très régulièrement à manipuler des charges lourdes manuellement. Il travaillait souvent à genoux ou en position semi-courbée.

Comme tous les mineurs, ils marchaient dans de la boue ou de l’eau avec des bottes de sécurité. Ils étaient exposés aux bruits nombreux et importants qu’il y avait au fond de la mine.

Les mineurs disposaient de protections particulières pour tout ce travail : masque en papier pour le visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé, bleu de travail, gants, casque, bottes de sécurité. Mais le masque en papier ne pouvait servir de protection qu’en début de poste et n’était pas changé.

Dans certains puits, de nombreuses galeries étaient humides, car de l’eau coulait du toit en permanence dans les tailles.

Ils portaient à la ceinture une batterie pour faire fonctionner leur lampe, celle-ci était remplie d’acide. Très fréquemment, les batteries fuyaient, perçaient les vêtements et irritaient la peau.

Région

Cévennes   

Type de mine

Risques

Liés à l'environnement
Liés aux produits

Suivi médical

Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.

Amiante :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les cinq ans pour les personnes relevant de la catégorie des expositions fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.

Hors protocole ou avec l’accord du médecin-conseil de la caisse :
✖ Au moins une fois, EFR avec diffusion du CO pour référence (amiante + silice, évaluation de l’existence d’une pneumoconiose)

HAP et Amines aromatiques :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (amines aromatiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : unexamen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Huiles minérales notamment usagées :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
Contact cutané :
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.

Inhalation de produits de chauffage de ces huiles (HAP) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Particules fines de diesel
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, je conseille que ces examens soient réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les examens de dépistage.

Il lui appartiendra, entre autres, d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (silice par exemple).

Type d'environnement
Type de produit