Mineur de fond en charge de boisage des galeries, mine d’or
Description du poste
DATE D’ÉLABORATION DE L’ÉTAT DES LIEUX : 08/09/2025
Description des activités
C’est un ouvrier qui avait en charge la préparation, le transport et la mise en place de traverses de bois et de planches pour la réalisation du boisage des galeries à l’avancement des chantiers.
Les traverses de bois et planches étaient également traitées à la créosote pour la construction des trémies qui servaient à l’évacuation du minerai. Les cadres étaient l’ossature de la trémie, les planches étaient utilisées pour l’habillage intérieur et extérieur, ainsi qu’à la réfection quand elles étaient usées.
Lors de la mise en oeuvre, la sciure collée dessus tombait sur les mineurs, elle leur brulait les yeux et la peau car il n’y avait pas de protection adaptée à ce poste de travail.
Ce travail était réalisé uniquement par des boiseurs et des mineurs, il n’y avait pas d’aide mécanique pour les soulager.
Ils trempaient préalablement les planches et les traverses de bois dans des bacs en acier remplis de créosote pour les rendre imputrescibles. Avec pour seule protection des gants en cuir.
Ils les stockaient pour le séchage avant de les descendre au fond de la mines.
À l’avancement du creusement des galeries dans la roche arsenio-pyrite aurifère (poussières de minerai, silice, arsenic, radon), ces ouvriers amenaient avec des engins diesel (émanations des moteurs thermiques diesel, particules fines) les bois préalablement traités à la créosote et effectuaient les différentes découpes pour les ajuster en fonction de la dimension des galeries.
En conséquence, ce personnel était amené très régulièrement à manipuler des charges lourdes manuellement, vils travaillaient souvent à genoux ou en position semi-courbée.
Comme tous les mineurs, ils marchaient dans la boue ou dans l’eau avec des bottes de sécurité. Ils étaient exposés aux nombreux bruits au fond de la mine.
Ils portaient à la ceinture une batterie pour faire fonctionner leur lampe, celle-ci était remplie d’acide.
Très fréquemment, les batteries fuyaient, perçaient les vêtements et irritaient la peau.
Le traitement du bois à la créosote s’est fait jusqu’en 1980.
Les mineurs ne disposaient pas de protection particulière pour tout ce travail : masque en papier pour le nez ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé
Expositions
✖ Créosote
✖ Poussière de minerai : silice, arsenic, radon, cadmium, plomb
✖ Émanations des moteurs thermiques, particules fines, huiles minérales pulvérisées
✖ Gaz d’explosif
Région
Type de mine
Risques
Suivi médical
Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.
Arsenic et Silice :
✖ Une consultation médicale tous les deux ans
✖ Un scanner thoracique basse intensité sans injection de produit de contraste tous les 3 ans (du fait des poly-expositions)
✖ EFR complètes une fois pour éventuelle comparaison
✖ Une surveillance dermatologique ainsi qu’une surveillance échographique abdominale de l’étage sus-mésocolique tous les deux ans.
HAP, particules fines et amines aromatiques :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans
Huiles minérales notamment usagées :
Contact cutané
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP)
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Créosote (mineurs avant 1980)
✖ Contact cutané : une consultation dermatologique tous les deux ans
✖ Inhalation : justifie la surveillance pneumologique renforcée
Silice cristalline
✖ Surveillance couplée avec l’arsenic (voir ci-dessus)
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, il est conseillé que ces examens soient réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les examens de dépistage.
Notamment, il appartiendra à cette structure d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (particules fines de diesel, émanations des moteurs thermiques, huiles pulvérisées, silice, arsenic, par exemple, pourraient justifier une TDM régulière).