Mécanicien diéséliste, entretien locomotives, Lorraine
Description du poste
DATE D’ÉLABORATION : 07/2023
Tâches
Le mécanicien diéséliste était chargé de la maintenance, du contrôle de l’état des locomotives Diesel électriques, de la détection des pannes et de la réparation, essentiellement en atelier. Souvent, avant entretien, il fallait dépoussiérer les locos…
Il intervenait sur les moteurs diesel, le matériel d’injection, et effectuait la remise à neuf des moteurs, il procédait au démontage de tous les composants de la locomotive, lors de grandes révisions.
Le mécanicien utilisait des outils de manutention très lourds : palans, chariots élévateurs, ponts roulants pour déplacer des pièces comme des moteurs, des essieux ou des bogies. Il effectuait des travaux de perçage, d’ajustage, de taraudage, filetage, il découpait au chalumeau, soudait à l’arc.
En entretien courant, il nettoyait les connexions, graissait les roulements et les rouages, mettait à niveau l’huile de moteur, compresseur, circuits hydrauliques, réglait les organes mécaniques, remplaçait les sabots de freins.
Le mécanicien diéséliste était amené à régler le système d’injection, il démontait les injecteurs, vérifiait leur étanchéité, remplaçait les aiguilles et effectuait le tarage sur le banc d’essai avec du gas-oil sous pression.
L’organisation des tâches se faisait par roulement en 2×8 (poste du matin et poste de midi).
Expositions
De façon générale, les moyens de protection ont été les chaussures de sécurité, les lunettes et les gants.
En début de poste et en fin de poste, les locomotives circulaient dans l’atelier, en vue d’être soit parquées soit sorties pour le roulement soit mises en place pour la maintenance ou la réparation. Ces manoeuvres enfumaient l’atelier (gaz d’échappement, diesel : CO, HAP, particules fines, benzopyrène).
À cela s’ajoutaient les fumées et les projections de soudure, de découpage et de meulage (particules métalliques,
métaux lourds).
Le tarage des injecteurs s’effectuait dans un local prévu à cet effet, mais sans ventilation correcte.
Le remplacement des sabots de frein amiantés (amiante) se faisait sans avoir de protection particulière, les surfaces étaient nettoyées avec une brosse métallique.
L’opérateur manipulait des plaques en amiante pour l’isolation des échappements, les cabines des locomotives, ainsi que les joints des collecteurs d’échappement amiantés, sans avoir de moyens de protection spécifiques. Il utilisait une fontaine de nettoyage et de dégraissage au trichloréthylène, remplacé par la suite par un détergent, sans masque de protection respiratoire.
Les vidanges (huiles minérales usagées : HAP) étaient réalisées par gravité, avec souvent des éclaboussures. Les fosses étaient peu profondes et les intervenants devaient se déplacer accroupis sous la locomotive.
Région
Type de mine
Risques
Suivi médical
Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.
Amiante :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les cinq ans pour les personnes relevant de la catégorie des expositions fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.
Hors protocole ou avec l’accord du médecin-conseil de la caisse :
✖ Au moins une fois, EFR avec diffusion du CO pour référence (amiante + silice, évaluation de l’existence d’une pneumoconiose).
HAP, particules fines de diesel et amines aromatiques (benzopyrènes, particules fines de diesel et gaz d’échappement des moteurs thermiques) :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (amines aromatiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Huiles minérales notamment usagées :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
Contact cutané :
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Fumées et particules métalliques et de soudage dont chrome VI, nickel, cadmium :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (chrome VI) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : examen radiologique pulmonaire tous les deux ans.
Dans le cadre du protocole de la CPAM (nickel) et hors protocole ou avec l’accord du médecin-conseil (cadmium) :
✖ Un examen médical par un médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : un examen radiologique pulmonaire et des sinus de la face, complétés éventuellement par 5 ou 6 coupes frontales d’un scanner des sinus tous les deux ans.
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, je conseille que ces examens soient réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les examens de dépistage.
Il lui appartiendra, entre autres, d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (particules fines de diesel, amiante, par exemple).