Diéséliste fond, Gardanne

Description du poste

DATE D’ÉLABORATION : 05/01/2026

Ce personnel était classé comme ouvrier qualifié mineur (OQM).

Il était responsable de l’entretien de tous les engins diesel circulant au fond de la mine.

L’atelier était situé proche des recettes des puits.

Mais lorsque les engins étaient en panne, ces opérateurs se rendaient sur les chantiers pour organiser le dépannage. Le travail consistait à changer ou entretenir l’ensemble des engins diesel. Ils effectuaient le remplacement et l’entretien des freins (Ferodo), mais aussi du moteur, culasse, échappement, circuit hydraulique, montage et démontage des roues, des bacs de barbotage.

Ce qui exposait :
✖ À l’amiante (freins, embrayages, produits anticorrosion : type « Blackson »),
✖ Aux carburants (diesel) contenant du benzène et des HPA,
✖ Aux gaz d’échappement des véhicules (oxyde de carbone, HPA, particules fines),
✖ Aux huiles minérales de lubrification notamment usagées,
✖ Aux solvants issus du pétrole et chlorés.

Le personnel effectuait également les niveaux d’huile moteurs et de boîtes, mais aussi de tous les systèmes hydrauliques.

Le personnel effectuait également le changement et l’entretien de tous les vérins et flexibles hydrauliques présents sur les engins

Le personnel, bien évidemment titulaire des permis de conduire des engins diesel, mais aussi des autorisations d’oxycoupage au chalumeau (acétylène et oxygène) et de soudure à l’arc. Pour cela ils utilisaient les plaques en amiante pour éviter la propagation du feu, des gants en amiante étaient obligatoires pour ces travaux.

Le personnel avait également du matériel à air comprimé pour monter ou démonter les pièces défectueuses ; ce matériel envoyait de fortes vibrations dans les membres supérieurs car les engins souffraientbeaucoup et le démontage était toujours très compliqué.

Le personnel était amené à manipuler manuellement et très régulièrement des charges lourdes.

Les diésélistes étaient amenés à manipuler des traverses de bois (traverses qui contenaient de la créosote) pour caler les engins sur lesquels ils devaient faire leurs interventions.

Le personnel était exposé aux nombreux bruits, au courant d’air froid car proche du puits qui était l’entrée d’air pour aérer les galeries, et était exposé aux mêmes conditions que les mineurs sur les chantiers quand ils étaient en dépannage.

Comme tous les mineurs, ce personnel portait à la ceinture une batterie pour faire fonctionner leur lampe, celle-ci était remplie d’acide, très fréquemment les batteries fuyaient, perçaient les vêtements et irritaient la peau.

 

Suivi médical

Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.

Considérant l’ensemble de ces expositions, la surveillance médicale post-professionnelle doit donc comporter les examens suivants :
Amiante :
✖ Une consultation médicale
✖ Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisé tous les trois ans dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé. Au moins une fois EFR avec diffusion du CO pour référence (élimination du diagnostic de pneumoconiose liée éventuellement à une triple exposition : charbon, amiante, silice)

Benzène :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : numération formule sanguine, numération des plaquettes tous les deux ans
Combustibles (fuel), gaz d’échappement (et particules fines de diesel) :
Contact cutané
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.

Inhalation de produits de combustion de ces combustibles (HAP)
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Amines aromatiques dont HAP :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Huiles minérales :
Contact cutané
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP)
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Solvants chlorés, dont le trichloréthylène :
✖ Échographie abdominale de l’étage sus-mésocolique tous les deux ans.

Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, ces examens seront réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure hospitalière compétente en pathologie professionnelle. Nous conseillons que la prescription et l’interprétation de ces divers examens soient effectuées dans ce cadre. Notamment, il lui appartiendra d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (particules
fines de diesel, silice par exemple). La poly-exposition devrait notablement renforcer la surveillance dans ce cadre.

Type d'environnement
Type de produit