Agent d’entretien de fond, mine d’uranium
Description du poste
DATE D’ÉLABORATION : 31/01/2016
Le poste d’agent d’entretien de fond comportait notamment :
L’entretien et la réparation des cheminées d’extraction du minerai. Il était de ce fait exposé par retours d’air des chantiers aux gaz d’échappement des véhicules diesel, les expositions étant identiques à celles des mineurs de fond par contiguïté. Ce poste comprenait également des opérations de découpage au chalumeau et de soudage à l’arc (réparation des cheminées et des trémies), ce qui exposait au chrome hexavalent. Ce travail était effectué en espace plus confiné, ce qui majorait notablement les expositions.
Les travaux d’exhaure (curage des fonds de puits et des albraques).
La réparation des colonnes de tuyauterie et d’eau et l’installation des colonnes de remblayage hydraulique qui rejoignaient les chantiers par les retours d’air. Là encore, il était exposé aux retours d’air des chantiers.
L’acheminement du fioul au fond et le remplissage des réservoirs des engins, ce qui exposait directement aux émanations du carburant.
L’acheminement des substances explosives jusqu’au front de taille.
L’ensemble de ces travaux exposait par contiguïté aux mêmes risques que les mineurs de fond :
Les opérations effectuées par les mineurs de fond consistaient, tout d’abord, en la « foration » à l’aide de marteaux perforateurs pneumatiques qui fonctionnaient à l’air comprimé, mais lubrifiés par de l’huile minérale (performa 100) dont le mélange à l’air comprimé rendait les vapeurs d’huile inhalables y compris les résidus chauffés par frottement. Cette première phase exposait par conséquent aux huiles minérales notamment dégradées, par inhalation et par contact. Cette foration engendrait un empoussièrement minéral, ce qui exposait aux poussières de silice contenue dans la roche, mais aussi aux poussières de matériaux radioactifs et au radon présent dans ces mines.
Après la foration commençaient les opérations de minage à l’aide d’explosifs (dans une première période, constitués de dynamite-gomme puis de nitrate-fuel). Outre les vapeurs nitreuses dégagées par les explosifs avant le tir, après le tir, même après une période de sûreté, restaient des oxydes d’azote et de monoxyde de carbone. Le résultat du tir vaporisait là encore des poussières de minerai et de roche.
Il participait ensuite, après le tir, à la réinstallation de l’aréage et l’arrosage des déblais. Puis, au déblayage à l’aide de scrapeurs d’abord électriques ou à air comprimé puis diesel à partir des années 1980. Plusieurs fonctionnaient à plein régime et diffusaient des gaz d’échappement (exposition aux HAP et aux particules fines) et l’opération elle-même générait des poussières minérales. Ces engins, quel que soit leur mode de fonctionnement, sollicitaient de façon très intense les embrayages et les freins constitués d’amiante (entretien très fréquent), ce qui dans cet espace confiné générait des particules d’amiante inhalables. Il en était de même pour les véhicules de service, eux aussi diesel, dont les freins et les embrayages ne résistaient pas au-delà de 600 km.
Venait s’ajouter parfois une opération de lixiviation qui consistait, pour extraire le minerai d’uranium, en un arrosage d’eau et d’acide sulfurique.
Ensuite venait la phase de « gunitage ». Il s’agissait de stabiliser les parois des galeries, ce qui s’effectuait par projection à l’aide d’une machine alimentée par un compresseur diesel, ce qui exposait également aux gaz d’échappement. La projection s’effectuait à l’aide de ciment puis, avec le temps, d’un mélange ciment- résine. Cette phase exposait au ciment puis aux résines (de nature inconnue, mais pouvant contenir
des amines aromatiques).
Région
Type de mine
Risques
Suivi médical
Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.
Rayonnements ionisants et possibilité de contamination interne :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Tout sujet ayant été surveillé au titre de la catégorie A (ou ex-DATR).
✖ Bénéficie d’un Examen clinique et dermatologique tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : Examen hématologique.
Lorsqu’une inhalation de substance radioactive aura été notifiée ou possible, comme notamment pour le radon :
✖ Examens complémentaires : et/ou radiographie pulmonaire, et/ou radiographies osseuses.
Amiante :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ Un Examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les cinq ans pour les personnes relevant de la catégorie des expositions fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé ou tout autre protocole approprié plus favorable.
Hors protocole ou avec l’accord du médecin-conseil de la caisse :
Au moins une fois, EFR avec diffusion du CO pour référence (silice et amiante, recherche de pneumoconiose).
HAP, particules fines et amines aromatiques :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (amines aromatiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un Examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Huiles minérales notamment usagées :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
Contact cutané :
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un Examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Exposition au soudage à l’arc et à la découpe à chaud de métaux :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (chrome VI) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : Examen radiologique pulmonaire tous les deux ans.
Silice cristalline
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, je conseille que ces Examens soient réalisés et complétés d’un Examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les Examens de dépistage..
Il lui appartiendra, entre autres, d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non considérés par le protocole (particules fines de diesel, silice par exemple).