Postes de fond, mine de charbon, Isère (2025)

Description du poste

Mise à jour 2025 de la fiche de 2016

Piqueur ou creusement
Ce personnel, classé comme mineur qualifié, avait la charge d’effectuer le creusement des galeries au charbon ou au rocher.

Dans le creusement des galeries principales, ce personnel avait la charge d’installer les voies de chemin de fer pour les locomotives et les wagons dans les galeries principales, de ce fait, ces mineurs étaient amenés à manipuler les traverses de chemin de fer traitées préalablement à la créosote :ils les perçaient, les coupaient puis les positionnaient.

Il y avait deux types de travaux de soutènement dont était chargé ce personnel :
✖ Soit l’avancement avec des « cintres » formés de 3 éléments (2 pieds et un chapeau) en fer très lourd, chaque élément pesait plus de 50 kg selon la section de la galerie et devait être manipulé plusieurs fois par jour, soit des grilles, soit des bois mis à coup de masse, qui étaient disposés« cintres ».
✖ Soit l’avancement se faisait par « boulons de toit », des trous étaient percés au perforateur diesel- hydraulique ou manuel, des bâtons de résine contenant un durcisseur étaient déposés à la main dans le trou, puis un boulon d’une grandeur de plusieurs mètres était vissé dans le trou, des trous étaient faits environ tous les 50 cm, de la grille était mise ensuite et accrochée aux boulons de toit
une fois que la résine avait durci. Les mineurs travaillaient très souvent les bras en l’air dans ce cas.

Des engins diesel étaient utilisés quasiment durant tout le poste par le personnel, soit pour amener le matériel au chantier, soit pour puiser le charbon et le rocher pour les évacuer du chantier, ces matériaux étaient déposés dans un convoyeur blindé puis concassés à proximité du chantier, d’où une poussière importante sur le chantier.

Le personnel utilisait des marteaux-piqueurs ou perforateurs à air comprimé occasionnant de fortes vibrations pour les membres supérieurs, pour casser les blocs ou pour faire les trous d’avancement pour y mettre les explosifs.

De l’huile de coupleur ou hydraulique était également utilisée pour les engins. Lorsque le fusible du coupleur « lâchait », l’huile « PYDRAUL »de celui-ci, qui était très irritante pour les yeux et la gorge, se répandait dans le chantier et les mineurs devaient quitter le chantier.

Le personnel s’occupait également de la mise en place et de l’entretien des conduites d’eau et d’air. Ils avaient la charge de changer les joints en amiante de ces conduites de leur chantier et de s’occuper du calorifugeage de celle-ci.

Le personnel s’occupait également de charger en poudre d’explosif les trous d’avancement qu’ils avaient effectués. Ils manipulaient également, de fait, les cordeaux détonants ainsi que les amorces.

Ce sont également eux qui s’occupaient de l’alimentation en air de leur chantier à l’aide de ventilateurs soufflants et aspirants ; ces ventilateurs étaient équipés de « silencieux ». Les gaines en génolène de ces ventilateurs étaient composées d’amiante pour limiter les risques de feu.

Les mineurs ne disposaient pas de protection particulière pour tout ce travail, masque en papier pour le visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé. Bleu de travail. Gants. Casque. Bottes de sécurité.

Comme tous les mineurs, ils portaient à la ceinture une batterie pour activer leur lampe, celle-ci était remplie d’acide, très fréquemment les batteries fuyaient, perçaient les vêtements et irritaient la peau.

Ce personnel était amené très régulièrement à manipuler des charges lourdes manuellement. Ils travaillaient en permanence à genoux ou en position semi-courbée.

Manutentionnaire – conducteur d’engins
Ce personnel, classé ouvrier d’exploitation, avait la charge de réceptionner le matériel qui arrivait du jour. Les opérateurs avaient le permis de conduire les engins diesel au fond de la mine (Wagner, EYMCO, mais aussi CT 2500) lorsque le matériel était imposant.

Ils acheminaient le matériel jusqu’aux lieux de stockage, près des chantiers de creusement ou de soutirage.

Ils manipulaient également les bâtons de dynamite, les cordons détonants ainsi que les amorces.

Ils réceptionnaient les traverses de chemins de fer traitées à la créosote qui arrivaient du jour, les manipulaient, les stockaient. Si les piqueurs qui avaient la charge de la pose des traverses lors du creusement des galeries, mais c’étaient les manutentionnaires qui avaient la charge de l’entretien et de la réparation des voies, à ce titre ils changeaient, coupaient, perçaient les traverses lorsqu’elles étaient défectueuses ou que la galerie subissait des transformations.

Ils s’occupaient dans les galeries principales de l’entretien et de la pose des conduites d’air et d’eau ainsi que du calorifugeage de celles-ci.

Ils installaient aussi dans les galeries principales les ventilateurs aspirant et soufflant qui comportaient des silencieux contenant de la laine de roche.

C’est eux, lorsque les chantiers étaient finis, qui bouchaient les chantiers avec de la toile de jute ou sur lesquels était projetée de la « celtamine » (polyoxyéthylène amine-POEA : mutagène), liée à de l’amiante, de la laine de verre ou de roche, pour éviter le passage de l’air et pour éviter le feu.

C’est également eux qui devaient poser et confectionner le béton pour améliorer les pistes de roulage dans les quartiers pour limiter les secousses et les problèmes lombaires des chauffeurs d’engins diesel.

Ce travail se faisait soit en corvée le samedi matin, soit le vendredi soir au poste de nuit.

Le ciment arrivait en « big-bag » de plusieurs dizaines de kilos, puis il était malaxé sur place dans une bétonnière diesel, les mineurs aspiraient de ce fait toutes les fumées (ciment + gaz d’échappement).

Ce personnel était amené très régulièrement à manipuler des charges lourdes manuellement. Ils travaillaient régulièrement à genoux ou en position semi-courbée.

Ils utilisaient aussi pour le transport du matériel dans les plans inclinés des treuils « Samia » ainsi que des monorails ; ces deux matériaux étaient composés de freins dits « ferrodo ».

Comme tous les mineurs, ils marchaient tout le poste dans de la boue ou de l’eau avec des bottes de sécurité.

Ils étaient exposés aux bruits nombreux et importants qu’il y avait au fond de la mine

Les mineurs ne disposaient pas de protection particulière pour tout ce travail, masque en papier pour le visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé. Bleu de travail. Gants. Casque. Bottes de sécurité.

Blindiste ou poseur de desserte
Ouvriers d’exploitation, leur travail consistait à installer et à entretenir les convoyeurs à chaine (blindés) qui servaient à évacuer le charbon ou le rocher des chantiers de production.

Pour effectuer ce travail, ces opérateurs étaient habilités à conduire les engins diesel au fond de la mine.

Ils avaient les permis d’oxycoupage (oxygène + acétylène en bouteille) et de soudure à l’arc, de ce fait ils utilisaient les plaques d’amiante pour éviter que les flammes ou étincelles mettent le feu au charbon ou aux bois qui se trouvaient au fond de la mine. Ils travaillaient très souvent avec des gants en amiante.

Pour leur travail, ils utilisaient quotidiennement, pendant de longues périodes, des appareils pneumatiques à fortes vibrations qui leur servaient à serrer ou desserrer les boulons. Pour faire fonctionner ce matériel pneumatique, ils mettaient de l’huile dans les joints, si bien qu’ils travaillaient souvent dans une atmosphère de fumée liée aux soudures et découpages, de vapeur d’huile et de fumée d’échappement.

Pour leur travail, ils utilisaient des produits pour dégripper le matériel « Transil », des décapants, du trichloréthylène ou du « Baltane

Ils avaient aussi la responsabilité de l’installation et du démontage des coupleurs et réducteurs des convoyeurs blindés, ils avaient la responsabilité de mettre l’huile au départ de l’installation et de faire les niveaux quotidiennement pendant la période de fonctionnement.

Ils avaient la responsabilité jusqu’à l’entrée du chantier de l’alimentation en air comprimé et en eau, ils changeaient les joints en amiante des conduites et s’occupaient du calorifugeage de celles-ci.

Ce personnel était amené très régulièrement à manipuler des charges lourdes manuellement.

Ils utilisaient aussi pour le transport du matériel dans les plans inclinés des treuils « Samia » ainsi que des monorails ; ces deux matériaux étaient composés de freins dits «ferrodo».

Comme tous les mineurs, ils marchaient très souvent dans de la boue ou de l’eau avec des bottes de sécurité.

Ils étaient exposés aux bruits nombreux et importants qu’il y avait au fond de la mine.

Les mineurs ne disposaient pas de protection particulière pour tout ce travail, masque en papier pour le visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé. Bleu de travail. Gants. Casque. Bottes de sécurité

Dieséliste
Cet opérateur, ouvrier mineur qualifié, était responsable de l’entretien de tous les engins diesel circulant au fond de la mine.

Leur atelier était une galerie de 4 à 5 mètres de long en cul-de-sac creusé dans le rocher à proximité des chantiers d’exploitation, mais lorsque les engins étaient en panne ils se rendaient sur les chantiers pour organiser le dépannage.

Un ventilateur soufflant et un aspirant étaient mis dans leur atelier, qui était très bruyant. Ces ventilateurs étaient équipés de silencieux composés de laine de roche. Leur travail consistait à changer ou entretenir l’ensemble des engins diesel.

Cet opérateur effectuait le remplacement et l’entretien des freins dont les garnitures étaient en amiante (ferrodo), mais aussi du moteur, de la culasse, de l’échappement (huiles mécaniques usagées), du circuit hydraulique, du montage et du démontage des roues des bacs de barbotage.

Ils effectuaient également le changement et l’entretien de tous les vérins et flexibles hydrauliques (huiles hydrauliques) présents sur les engins.

Ils étaient bien évidemment titulaires des permis de conduire des engins diesel, mais aussi des autorisations d’oxycoupage au chalumeau (acétylène et oxygène) et de soudure à l’arc.

Pour cela ils utilisaient les plaques en amiante pour éviter la propagation du feu, des gants en amiante étaient obligatoires pour ces travaux.

Ils effectuaient le calorifugeage des pots d’échappement des engins diesel.

Ils se servaient également de matériel à air comprimé pour monter ou démonter les pièces défectueuses,

ce matériel envoyait de fortes vibrations dans les membres supérieurs car les engins souffraient

beaucoup et le démontage était toujours très compliqué.

L’opérateur effectuait également les niveaux d’huile-moteur et de boîtes, mais aussi de tous les systèmes hydrauliques.

Ils étaient également amenés dans le cadre de leur travail à utiliser régulièrement des dégrippants comme le « Transil » et des décapants : le trichloréthylène ou le « Baltane »

Ce personnel était amené à manipuler manuellement et très régulièrement des charges lourdes.

Ils étaient exposés aux bruits nombreux et importants qu’il y avait au fond de la mine

Ce personnel, comme tous les mineurs, marchait le plus souvent dans de la boue ou dans de l’eau avec des bottes de sécurité.

Les mineurs ne disposaient pas de protection particulière pour tout ce travail, masque en papier pour le
visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé. Bleu de travail. Gants. Casque. Bottes de sécurité.

Électromécanicien
Ce personnel était classé comme ouvrier qualifié de métier.

Leur travail consistait en l’entretien du matériel mécanique dans les chantiers (coupleurs réducteurs concasseur, bandes transporteuses) et de toutes les installations électriques basse, haute et très haute tension.

Pour la partie électrique, ils installaient les câbles d’alimentation et effectuaient les branchements dans des coffrets câblés au jour. Pour effectuer les branchements, ils devaient faire passer le câble dans des presse-étoupes en amiante qui se trouvaient à l’entrée des coffrets, ils adaptaient les joints en les meulant ou en les coupant pour permettre une bonne étanchéité du câble.

Les câbles, pour lutter contre les risques de feu, étaient renforcés avec des feuillards et le PVC contenait de l’amiante.

Les coffrets électriques comprenaient à l’intérieur un revêtement en amiante qui devait être changé presque à chaque intervention sur le coffret. Cet opérateur s’occupait également de l’entretien des transformateurs au pyralène installés au fond de la mine. Ils avaient également en charge l’installation et l’entretien des compresseurs situés au fond de la mine et du calorifugeage de celui-ci.

Pour la partie mécanique, l’opérateur avait la charge de l’entretien et de l’installation des moyens de transport du charbon et du rocher. L’opérateur disposait du permis pour conduire les engins diesel et du permis de soudure (arc et brasure) et d’oxycoupage au chalumeau à l’aide de bouteilles d’acétylène et d’oxygène.

De la pâte d’amiante était utilisée pour enrouler certaines soudures de manière qu’elles prennent mieux. Lorsque l’opérateur devait refaire les tôles à l’intérieur des trémies de stockage, les fumées de soudure à l’arc ne s’évacuaient que faiblement et ils passaient plusieurs heures à respirer ces fumées.

Les électromécaniciens avaient la responsabilité du montage et de l’entretien des « ferrodos » des réducteurs.

Une soufflette à air comprimé était utilisée, et les particules d’amiante étaient rejetées dans les galeries.

Pour respecter les consignes de sécurité, ils utilisaient des plaques d’amiante pour éviter la propagation du feu et les gants en amiante étaient obligatoires pour ces travaux.

C’est également eux qui s’occupaient des niveaux d’huile dans les coupleurs et les réducteurs (huile spéciale « PYDRAUL » très liquide et ininflammable, mais qui irritait les yeux et la gorge, lorsque les fusibles du coupleur « sautaient », l’huile à très haute température était projetée dans toute la galerie, les mineurs en front de taille quittaient immédiatement le chantier, c’était la seule huile qui était récupérée pour traitement par l’entreprise, même les entreprises sous-traitantes au jour devaient la ramener à l’entreprise).

Ils utilisaient également des graisses et des décapants, des dégrippants comme le « Transil », le trichloréthylène, ou le « Baltane ».

Ils utilisaient journellement et pendant de longues périodes du matériel à air comprimé pour le montage et le démontage des écrous. Le tuyau d’air traversait une bonbonne d’huile (n’importe quelle huile était utilisée), ce qui fait que les émanations et les vapeurs d’huile étaient très présentes. Dans l’atelier, il y avait un tour pour permettre d’usiner les pièces (utilisation de fluide de coupe).

Ce personnel était amené très régulièrement à manipuler des charges lourdes manuellement.

Ils utilisaient aussi pour le transport du matériel dans les plans inclinés des treuils « Samia » ainsi que des monorails ; ces deux matériaux comportaient des freins dits «ferrodo».

Comme tous les mineurs, ils marchaient très souvent dans de la boue ou de l’eau avec des bottes de sécurité.

Ils étaient exposés aux bruits nombreux et importants qu’il y avait au fond de la mine.

Les mineurs électromécaniciens ne disposaient pas de protection particulière pour tout ce travail, masque en papier pour le visage ou nez de cochon avec filtre en papier alvéolé. Bleu de travail. Gants (en amiante selon le travail). Casque. Bottes de sécurité.

Suivi médical

Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.

1. Base commune d’examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel amiante, silice et charbon
✖ Une consultation médicale et un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les trois ans dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.
✖ Au moins une fois EFR avec diffusion du CO pour référence (amiante + silice évaluation de l’existence d’une pneumoconiose)

2. HAP, particules fines de diesel et amines aromatiques (benzopyrènes, particules fines de diesel et gaz d’échappement des moteurs thermiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

3. Huiles minérales notamment usagées
Contact cutané
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
✖ Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP)
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

4. Autres expositions nécessitant une surveillance selon les postes

  1. Dérivés nitrés et fumées d’explosif (Foudroyeur/soutireur, Boutefeu)
  2. Fumées et particules métalliques et de soudage dont chrome VI, nickel, cadmium (blindiste, électromécanicien, vulcanisateur, diéséliste)
    ✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
    ✖ Examen complémentaire : examen radiologique pulmonaire tous les deux ans.

3. Nickel et Cadmium :
✖ Un Examen médical par un médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie tous les deux ans.
✖ Examen complémentaire : un examen radiologique pulmonaire et des sinus de la face, complété éventuellement par 5 ou 6 coupes frontales d’un scanner des sinus tous les deux ans.

4. Trichloréthylène (vulcanisateur, Blindiste, Dieseliste, Electromécanicien)
✖ Échographie abdominale de l’étage sus-mésocolique tous les deux ans Hors surveillance mais pouvant potentialiser d’autres cancérogènes : oxyde d’azote et vapeurs nitreuses (tir de mines),

Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, je conseille que ces examens soient réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les examens de dépistage.

Notamment, il lui appartiendra d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (particules fines de diesel, silice par exemple).

Type d'environnement
Type de produit