Electromécanicien, mine de potasse
Description du poste
DATE D’ÉLABORATION : DÉCEMBRE 2017
Description des activités
Le mineur électromécanicien, du fait de sa polyvalence, pouvait être affecté dans tous les chantiers du fond de la mine. Au traçage, en taille, aux bandes, au puits, à l’équipement ou à l’entretien minier.
En taille, il vérifiait et réglait le mélange eau/émulsion des pompes alimentant le soutènement marchant. Son travail consistait à entretenir les pompes hydrauliques et pneumatiques de tous types. De ce fait, il était amené à changer les joints, dont la plupart étaient amiantés.
Il s’occupait des graissages, niveaux d’huile, vidange et réparation de ces mêmes pompes. Il fait le graissage et les niveaux d’huile de la haveuse intégrale dont il échange aussi les moteurs et réducteurs lors de casse.
Il entretenait les piles hydrauliques, changeait les flexibles HS, remplaçait les étançons défectueux et réparait les distributeurs hydrauliques.
Il dépannait toutes les machines et les coffrets électriques. Pour cela, il était amené à les souffler, sachant qu’on y trouvait de la bakélite et d’autres sources de pollution.
Lors d’interventions suite à un court-circuit électrique, il utilisait des produits dégraissants ou des solvants avant la réparation. Il intervenait sur les systèmes de freinage (amiantés) des machines d’entretien minier (foreuse/boulonneuse (CD25, CMM et JS)) et des treuils qui se trouvaient dans ces chantiers.
Au traçage, il s’occupait de l’entretien et des réparations mécanique, hydraulique et pneumatique de la machine à tracer (Paurat, Jeffrey, Stéphanoise, etc.) et de toutes les machines affectées au chantier telles les foreuses/boulonneuses (JS, PS, CMM), chargeuses (JK) et camions-navettes (Joy 10 SC). Niveaux d’huile, graissage, purge des freins (Lockheed), échange des pompes, réducteurs, moteurs et remplacement des freins faisaient partie de son activité.
En électricité, il échangeait les câbles défectueux isolés par des tresses amiantées sur les camions Joy 10 SC et chargeuses JK, les contacts de type magnétax au mercure défectueux, les plaques d’isolation en bakélite et les cache-flammes de contacteurs (mélange de bakélite et d’amiante). Pour cela, il était obligé de souffler ces panneaux contacteurs et ne disposait pas d’EPI adapté.
L’électromécanicien était appelé pour les travaux de câblages et de mise en place des stations, sous-stations électriques. Il entretenait des disjoncteurs de type DH où il fallait changer l’huile ou le pyralène des transformateurs (avant les années 1990).
Il s’occupait de la « grisoumétrie » et de la gestion des données capteurs desserte vers le jour. Pour tous les branchements électriques, il préparait les entrées de câbles ATEX et brides spéciales. Il pouvait faire différents types de jonctions dans des manchons coulés de résine isolante.
Les électromécaniciens étaient toujours dans des milieux poussiéreux (sels et schistes), subissaient les fumées de diesel (puisqu’ils réparaient les engins en panne) et se retrouvaient dans tous types de chantiers.
Expositions
Poussières de minerai : silice, poussières de sel, huiles mécaniques, électriques et hydrauliques, polychlorobiphényles, amiante, particules fines de diesel, émanations des moteurs thermiques, huiles pulvérisées, radon, méthane, résines, solvants.
Région
Type de mine
Risques
Suivi médical
Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.
Amiante :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les cinq ans pour les personnes relevant de la catégorie des expositions fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé ou tout autre protocole approprié plus favorable.
Huiles minérales usagées (mécaniques et électriques) :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
Contact cutané :
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un Examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Silice cristalline
Résines polyuréthanes (amines aromatiques)
Polychlorobiphényles
Solvants issus des hydrocarbures :
✖ Examen médical tous les deux ans.
✖ Numération formule sanguine, numération des plaquettes tous les deux ans.
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, il est conseillé que ces Examens soient réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les examens de dépistage.
Il lui appartiendra, entre autres, d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (radon, particules fines de diesel, émanations des moteurs thermiques, huiles pulvérisées, pyralène, silice, par exemple, pourraient justifier une TDM régulière). Cette surveillance devra également prendre en compte la chaleur très importante qui facilite la pénétration des ACD dans l’arbre respiratoire.