Magasinier, centrale thermique, Monceau-les-mines

Description du poste

DATE D’ÉLABORATION : 19/04/2017

L’identification des expositions a été établie à partir de mes observations personnelles dans les établissements ayant relevé de mes compétences, mais également, notamment, à partir des fiches de poste collectives des médecins du travail EDF-GDF pensées à partir de la matrice emplois-expositions MATEX et des travaux de groupes de travail des médecins du travail EDF-GDF ayant élaboré des fiches de poste repères. La matrice emplois-expositions EDF-GDF MATEX a été une création commune des médecins du travail EDF-GDF et de la division épidémiologie du SGMT EDF-GDF, développée dans un projet plus vaste (EXPRO) présenté dès 1990 aux directions et à la représentation du personnel. Sa validation scientifique formelle date de 1997 (méthodes directe et indirecte). Elle a donné lieu à de nombreuses publications scientifiques, y compris internationales, par des spécialistes et des médecins travaillant pour EDF-GDF et communiquant ès qualités.

J’en ai déduit les examens complémentaires rendus nécessaires en matière de suivi médical post- professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.

Ce poste exposait aux cancérogènes suivants :

Amiante : Du fait du caractère d’industrie à feu et d’importance du confinement de la chaleur pour optimiser la production d’énergie, une centrale thermique utilise des matériaux résistants aux hautes températures (calorifuge, joints, tresses, bourre, plaques) et, à l’époque, constitués quasi exclusivement d’amiante.

La fonction de magasinier consistait à réceptionner, stocker, délivrer aux opérateurs des produits à base d’amiante. Parfois même, il approvisionnait les chantiers. Notamment, il débitait ces matériels à la dimension nécessaire. Les niveaux d’exposition étaient alors très importants comme, par exemple, lors de la manipulation d’amiante en tresse (Laboratoire national d’essai, en MOCP, à la centrale de Vitry, le 19 avril 1978, lors de la manipulation d’amiante en tresse : niveau maximum : 20 000 fibres par litre, soit 2 000 fois la VLEP actuelle, niveau moyen sur 40 minutes : 320 fibres par litre). Des mesures sont disponibles également pour la découpe des plaques ou tapis d’amiante (Laboratoire national d’essai, en MOCP, à la centrale de Vitry, le 19 avril 1978, lors du déroulement au sol d’une pièce de tissu amiante : niveau maximal 8 700 fibres par litre, niveau moyen sur 40 minutes : 1 600 fibres par litre). De plus, le magasin comme l’atelier était floqué à l’amiante (les courants d’air très fréquents maintenaient un niveau constant d’amiante supérieur à la VLEP actuelle : mesure du Laboratoire national d’essai, en MOCP, à la centrale de Vitry, le 20 avril 1978 : ambiance générale de l’atelier dans l’allée centrale à 1,50 m du sol : de 60 à 120 fibres par litre).

Il faut également considérer que ces locaux étaient en continuité avec les locaux techniques et que le niveau d’empoussièrement était assez conséquent, notamment en poussières de charbon et en suie de combustion.

La matrice emplois-expositions EDF-GDF MATEX évalue les expositions à l’amiante pour le poste de magasinier en centrale thermique classique comme importantes (de 1 000 à 2 500 fibres par litre en moyenne par semaine de 40 heures jusqu’en 1981, puis inférieurs à 500 fibres par litre en moyenne par semaine de 40 heures). Cette fonction exposait également à la laine de Roche.

En plus de ces expositions, un magasinier devait conditionner des produits livrés en grande quantité pour les mettre à disposition des opérateurs, notamment des solvants dérivés du pétrole et des huiles de lubrification et a pu être exposé aux CMR suivants :
Liste succincte des produits stockés et mis à disposition des opérateurs ci-dessous :

Suivi médical

Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.

La surveillance médicale post-professionnelle doit donc comporter les examens suivants :

Amiante
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ Un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique pour les personnes relevant de la catégorie des expositions très fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.

Considérant la multiexposition à des cancérogènes ayant pour organe cible les voies urinaires (amines aromatiques, huiles minérales et solvants) :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.

Benzène :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : numération, formule sanguine, numération des plaquettes tous les deux ans.
✖ Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, ces examens seront réalisés et complétés d’un examen clinique spécialisé régulier dans une structure hospitalière compétente en pathologie professionnelle. Notamment, la polyexposition devrait notablement renforcer la surveillance dans ce cadre.

Type d'environnement
Type de produit