Postes de fond, mine de charbon
Description du poste
DATE D’ÉLABORATION : 01/03/2016
Remarque :
Cette description de postes regroupe plusieurs « métiers », chaque métier comportant des tâches spécialisées.
Galibot : tâches de « manoeuvre », par exemple, roulages de berlines vides ou pleines de charbon, transport de matériel jusqu’à la taille du minerai, manutention après abattage. Ce poste était soumis aux mêmes expositions que les mineurs, mais par contiguïté.
Mineur : creusement de bowettes (petites galeries), traçage (creusement de lignes pour préparer les panneaux de charbon), foration, minage à l’explosif, abattage…
Porion : Contremaître préposé à l’organisation, à la surveillance et à la sécurité des chantiers, mêmes expositions par contiguïté
Remarque : électromécanicien : En plus des expositions par contiguïté, ce poste exposait au contact avec des huiles diélectriques et du pyralène des sectionneurs de coupure haute tension, des coupleurs, réducteurs de haveuse.
Boutefeu : plus spécifiquement chargé de l’abattage à l’aide d’explosifs.
Description des activités
Trois phases se succédaient : le creusement des galeries, l’abattage du minerai, le déblayage du minerai ou des déblais.
Les opérations effectuées consistaient, tout d’abord, au creusement de bowettes (galeries), des tâches de « traçage » consistant lorsque la voix principale « bowette » arrivait au banc de charbon, à effectuer des perçages de voies dans le charbon pour découper le panneau de charbon, puis « l’abattage » : soit manuel aux marteaux-piqueurs pneumatiques qui fonctionnaient à l’air comprimé, mais lubrifiés par de l’huile minérale dont le mélange à l’air comprimé rendait les vapeurs d’huile inhalables y compris les résidus chauffés par frottement, soit mécanique à l’aide d’une haveuse (tambour d’abattage) ; il faut ajouter l’utilisation d’un treuil pneumatique dispersant également des particules d’huile inhalables. Ces opérations engendraient un empoussièrement minéral, ce qui exposait aux poussières de silice contenue dans la roche et de charbon. Toutefois, lors de l’utilisation de marteaux pneumatiques, la dispersion des poussières était moindre du fait d’un système de dispersion d’eau au niveau du foret.
En cas d’utilisation d’explosif, ce qui était fréquent, la première étape était la « foration » à l’aide de marteaux perforateurs pneumatiques. Ces phases exposaient par conséquent aux huiles minérales notamment dégradées par inhalation et par contact. Cette foration engendrait un empoussièrement minéral, ce qui exposait aux poussières de silice contenue dans la roche et de charbon.
Après la foration survenaient les opérations de minage à l’aide d’explosifs qui se faisaient régulièrement dans des voies en ferme, bowette, traçage. Les ouvriers devaient traverser ces fumées de minage pour rejoindre le front de voie en ferme. Outre les vapeurs nitreuses dégagées par les explosifs avant le tir, après le tir, même après une période de sûreté, restaient des oxydes d’azote et de monoxyde de carbone. Le résultat du tir vaporisait là encore des poussières de charbon et de roche.
La manutention du minerai s’effectuait par voie ferrée. Les wagonnets étant tractés par une locomotive Diesel, le déblayage à l’aide de scrapeurs et de convoyeurs à bande (à noter l’utilisation de colle de vulcanisation pour la réparation fréquente des convoyeurs à bande). Plusieurs fonctionnaient à plein régime et diffusaient des gaz d’échappement (exposition aux HAP et aux particules fines) et l’opération elle-même générait des poussières minérales et de charbon.
Ces engins, quel que soit leur mode de fonctionnement, sollicitaient de façon très intense les embrayages et les freins constitués d’amiante (entretien très fréquent pouvant être réalisé par les électromécaniciens) ce qui dans cet espace confiné générait des particules d’amiante inhalables.
Comme en témoignent les listes de commandes des houillères de Lorraine (à disposition) l’amiante était également présent dans de nombreux équipements : câbles électriques, joints, bourres, tresse, cordonnets. Par conséquent, l’inhalation de poussières d’amiante était, au fond, quasiment permanente.
Il faut ajouter que la température élevée potentialisait, du fait de la bronchodilatation, la pénétration de ces agents chimiques cancérogènes dans les voies respiratoires.
Ces différentes expositions sont retrouvées dans les fiches de poste des matrices emplois-expositions de l’INVS spécifiques à ces activités.
Région
Type de mine
Risques
Suivi médical
Examens complémentaires en matière de suivi médical post-professionnel au regard des paragraphes 1° et 2° de l’article 2 de l’arrêté du 28 février 1995.
Amiante :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
✖ Une consultation médicale
✖ et un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique réalisés tous les cinq ans pour les personnes relevant de la catégorie des expositions fortes dans les conditions prévues par le protocole de suivi validé par la Haute Autorité de santé.
Hors protocole ou avec l’accord du médecin-conseil de la caisse :
✖ Au moins une fois, EFR avec diffusion du CO pour référence (amiante + silice, évaluation de l’existence d’une pneumoconiose).
HAP, particules fines de diesel et amines aromatiques :
Dans le cadre du protocole de la CPAM (amines aromatiques) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Huiles minérales notamment usagées :
Dans le cadre du protocole de la CPAM :
Contact cutané :
✖ Une consultation dermatologique tous les deux ans.
Inhalation de produits de combustion de ces huiles (HAP) :
✖ Examen clinique médical tous les deux ans.
✖ Examens complémentaires : un examen biologique urinaire comportant une recherche d’hématurie à l’aide de bandelettes réactives ainsi qu’un Examen cytologique urinaire tous les deux ans.
Silice cristalline
Oxydes d’azote et vapeurs nitreuses de tir d’explosif
Considérant la nature, la multiplicité et les niveaux d’exposition, je conseille que ces Examens soient réalisés et complétés d’un Examen clinique spécialisé régulier dans une structure compétente en pathologie professionnelle qui coordonnera les Examens de dépistage.
Il lui appartiendra, entre autres, d’adapter la surveillance pour les cancérogènes pouvant avoir le même organe cible, notamment ceux non pris en compte par le protocole (particules fines de diesel, silice par exemple).